La semaine vue par… Claudy Lebreton

Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements de France (ADF) et du conseil général des Côtes-d’Armor, avait fermement clamé son opposition au conseiller territorial. Il revient sur cette semaine de débat parlementaire durant laquelle l’article créant ce conseiller a été adopté au Sénat.

Le projet de loi de réforme des collectivités au Sénat, l’adoption définitive de la concomitance de l’élection des conseillers généraux et régionaux à l’Assemblée… que tirez vous de cette semaine ?

Les problèmes de cette réforme sont les non-dits et la philosophie que porte ce projet. C’est une régression démocratique et un recul sans précédent en matière de décentralisation.

Sur la concomitance, je trouve un peu fort de voter ce changement alors que l’existence des conseillers territoriaux n’est pas encore actée. Toutefois, je suis plutôt favorable à l’idée de réunir les années d’élections locales, à l’image des scrutins de mid-term aux Etats-Unis, et nationales. Cela évitera les élections tous les ans.

Le conseiller territorial a été adopté au Sénat…

A ce sujet, il y a des réticences de toutes parts. Les parlementaires de la majorité sont aux ordres, mais ils disent dans les couloirs tout le mal qu’ils pensent de ce dispositif. La stratégie des centristes est de mettre la pression jusqu’au bout sur le gouvernement pour faire voter certains amendements car ils sont dans une position charnière. Il y a en toile de fond la place qui leur sera laissée aux régionales.

Michel Mercier a évoqué le chiffre de 15 conseillers territoriaux minimum par département, qu’en pensez-vous ?

Nous sommes à l’aise avec ce chiffre. Selon les simulations réalisées à l’ADF, mon département (576 000 habitants, NDLR) aura par exemple 27 élus, contre 52 aujourd’hui. Avec 20 % de conseillers élus à la proportionnelle comme le projet de loi le prévoit, ils seront donc cinq désignés par ce biais et il faudra donc découper 22 cantons pour les Côtes-d’Armor. Les petits cantons vont être regroupés et il y aura de grandes distances à parcourir pour les futurs conseillers, qui seront presque des sous-députés. Les objectifs de réduction du nombre d’élus devraient être assouplis.

Comment voyez-vous la suite des événements ?

Les discussions des projets de loi risquent de se prolonger jusqu’à l’automne, il faudra voir les enseignements tirés par le président de la République de la sanction annoncée que son parti subira aux régionales. Le mode de scrutin des conseillers territoriaux devrait changer car, avec le système actuel, s’il y a sept candidats, la vainqueur peut l’emporter avec 12 ou 13 % des voix. Quelle légitimité aura-t-il alors ? L’avenir de la loi est dans tous les cas lié à l’échéance de la présidentielle de 2012 qui décidera de son application ou non.

Propos recueillis par Raphaël Richard

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Interview

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s