Alain Marleix à la manœuvre

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales est passé entre les gouttes. Lors du premier tour du scrutin dans le Cantal, Alain Marleix a maintenu l’UMP hors de l’eau. Ses 41,93 % placent le chef de file du parti présidentiel en Auvergne parmi les premiers de la classe gouvernementale.

Dans l’ensemble de la région, le secrétaire d’Etat décroche un honorable 28,72 %, juste devant le président (PS) sortant René Souchon (28,03 %). Un score qui ne lui laisse guère d’espoirs, plombé qu’il est par la performance de… son ministre de tutelle, Brice Hortefeux. A la tête de la section départementale du Puy-de-Dôme, le titulaire de la Place Beauvau plafonne à 23,65 %. Il paie sans doute là ses hésitations. Face à la défaite annoncée, le lieutenant de Nicolas Sarkozy avait renoncé à prendre les manettes de la liste régionale. Le ministre culmine à 21,15 % à Clermont-Ferrand où il avait jeté l’éponge à la veille des municipales de 2008.

Arrondissementier

Le secrétaire d’Etat s’est dévoué. En grognard. Son succès départemental, l’ex-maire de Massiac le doit à son savoir-faire d’arrondissementier. Le conseiller général a rayé le mot « vacances » de son vocabulaire. Alain Marleix laboure ses terres escarpées, d’une fête de village à une remise de médaille. Un profil original et désuet dans un gouvernement chiche en édiles enracinés. Mais Nicolas Sarkozy  ne se fait-il pas le chantre de « la culture des résultats » ?

Le verdict du 14 mars n’annonce-t-il pas des orages au sein du « pack auvergnat » ? A coup sûr, non. Brice Hortefeux et Alain Marleix, partisans d’Edouard Balladur en 1995, s’entendent comme larrons en foire. Le secrétaire d’Etat semble davantage taillé pour l’ombre que la lumière. Le sexagénaire au ton monocorde n’est jamais aussi à son aise que dans le secret des commissions d’investiture. Le gaulliste connaît sa géographie électorale comme sa poche.

Double casquette

Des talents que Nicolas Sarkozy compte encore utiliser. Selon Le Monde daté du 18 mars, le monsieur redécoupage des circonscriptions législatives, pourrait reprendre du service à l’UMP. En clair : retrouver le secrétariat national aux élections qu’il avait dû quitter lors de son entrée au gouvernement le 18 mars 2008. Le secteur est en jachère depuis, notamment, le décès le 18 février 2010 d’un autre apparatchik du RPR : Robert Pandraud. La formation majoritaire doit muscler son équipe avant de désigner ses candidats aux législatives de 2012. « Il y a une certaine logique à ce que celui qui a découpé les cases soit celui qui les remplisse », juge un ministre dans Le Monde.

Alain Marleix devrait, en parallèle, conserver sa charge au gouvernement. Des fonctions qui s’inscrivent dans le même sillon. Place Beauvau, le secrétaire d’Etat s’est, jusqu’ici, beaucoup plus penché sur les affaires électorales que sur la suppression des syndicats intercommunaux ou le statut des métropoles.

Communiqué remarqué

Sa principale feuille de  route aujourd’hui : le conseiller territorial à la fois conseiller général et conseiller régional. Les modalités de désignation de l’élu à deux têtes restent à préciser dans un projet de loi annoncé pour le printemps. Alain Marleix a défloré une partie du suspense dans un communiqué publié le 15 mars. La démarche a surpris. Au contraire de beaucoup de ses collègues, le secrétaire d’Etat n’assaille pas les journalistes de sa littérature. A l’instar de son collègue, Christian Blanc, en charge du développement de la région capitale, il appartient plutôt à la catégorie des muets du sérail. Son communiqué est d’autant moins anodin qu’il tire des conclusions quasi-définitives des régionales avant même le second tour. « Les résultats du 14 mars montrent, selon lui, très clairement qu’une élection au scrutin proportionnel ne permet pas d’établir le lien indispensable à la bonne compréhension du rôle d’une collectivité territoriale entre les électeurs et les élus ». « Il est en particulier indispensable de réformer le mode de scrutin et de mettre en place des modalités d’élection permettant aux Français de voter pour un conseiller régional ancré sur un territoire déterminé, qu’ils puissent enfin identifier », ajoute l’ancien conseiller de Charles Pasqua.

Le gouvernement s’oriente donc toujours vers la solution majoritaire. Son choix définitif sera scruté à la loupe au PS. Mais d’ores et déjà, la possible double-casquette d’Alain Marleix ne manque pas, Rue de Solférino, d’alimenter les soupçons de « manip’ ».

Jean-Baptiste Forray

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