Ces communes qui vont devoir se convertir à l’intercommunalité

Le projet de loi de réforme des collectivités prévoit un achèvement de la carte intercommunale à laquelle échappe aujourd’hui un peu moins de 2 000 communes… pour des raisons bien différentes, parfois historiques ou financières. Certaines de ces villes préparent déjà un rapprochement, d’autres ne sont pas pressées.

Pôle touristique, station de montagne, détentrice d’une manne fiscale, les municipalités qui ne se sont pas converties à l’intercommunalité ne sont plus très nombreuses. A part celles de la petite couronne parisienne dont situation est particulière, quelques-unes en Guadeloupe, les villes d’une certaine taille et isolées sont rares, notamment depuis que Valence a intégré une communauté d’agglomération le 1er janvier dernier.

La plus grande est sans doute Cannes, qui partage déjà des compétences comme la gestion de l’eau, de l’assainissement ou des déchets dans le cadre de syndicats intercommunaux. Si cette situation semble satisfaisante à la mairie, cette dernière prépare toutefois le futur avec le recrutement depuis le 1er avril d’un directeur général adjoint chargé de l’intercommunalité. « Nous menons un travail prospectif sur un projet d’intercommunalité afin notamment de définir un périmètre, explique ce DGA, Michel Tani, mais il faut garantir l’intérêt des citoyens vis-à-vis de cette intégration, qui est le sens de l’histoire. »

A Saint-Dié-des-Vosges, la situation est plus complexe. Entourée de deux communes d’un autre bord politique, la ville n’a pas pu constituer d’intercommunalité malgré son souhait. « La situation politique est exacerbée chez nous », rapporte Lovely Chrétien, la première adjointe. Avec l’achèvement de la carte intercommunale prévue dans le projet de loi, la mairie « réfléchit à des propositions pour éviter un mariage forcé », ajoute-t-elle.

Des discussions avec d’autres municipalités ont commencé afin d’évoquer notamment l’idée d’une intercommunalité « de projet », mais des problèmes de continuité territoriale se posent. « La porte reste ouverte pour discuter avec nos voisins les plus proches, rappelle Lovely Chrétien, il faudra bien que chacun comprenne qu’on est plus fort ensemble. »

« Rester autonome »

« La ville de Gardanne a toujours préféré rester seule maître d’œuvre de ses choix », affirme son maire, Roger Meï. Et quand la commune a souhaité créer une intercommunalité avec la communauté du Pays de l’Etoile, « le préfet en place a refusé pour des raisons de continuité territoriale ».

Fermement opposé à la réforme des collectivités, Roger Meï indique que des collaborations sont menées « en bonne intelligence » avec la communauté du Pays d’Aix, mais « Gardanne aura bien du mal à assurer la maîtrise de décisions concernant la commune dans une intercommunalité de 35 communes et de plus de 300 000 habitants. Rester autonome lui permet une meilleure efficacité en termes de réactivité de prise de décision, de concertation avec les citoyens et de cohérence avec le projet politique. »

Eclater et regrouper ?

Un autre cas de figure se présente à Perros-Guirec qui a quitté au début des années 2000 une communauté de commune décidée à devenir communauté d’agglomération. Yvon Bonnot, le maire, explique sa décision par le fait qu’il n’y a pas de véritable agglomération autour de sa ville et qu’il y a un manque de proximité du nouveau périmètre. « J’étais pour une intercommunalité avec les communes littorales, car les municipalités dans les terres n’ont pas les mêmes problèmes que nous », indique-t-il.

Entouré par la communauté d’agglomération, la mairie collabore notamment au Scot ou à certains syndicats. Une solution qui convient bien au maire pour le moment. « J’attends de voir dans quelles conditions et à quelle échéance la carte de l’intercommunalité doit être achevée », ajoute Yvon Bonnot qui espère encore un éclatement de la communauté actuelle pour opérer un regroupement différent.

Si certaines communes s’y préparent, les regroupements ne seront pas évidents partout. Parfois pour des raisons politiques et dans d’autres cas par réticence des élus à perdre la main sur certaines compétences…

Raphaël Richard

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