Clochemerle au Sénat

Encore volontiers frondeurs ces dernières semaines, les sénateurs ont fini par se rallier au nouveau tableau de répartition des conseillers territoriaux. Ils ont adopté le 7 juin le projet de loi fixant le nombre d’édiles à deux têtes dans chaque département et chaque région dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale. L’épilogue, pour les élus appelés à siéger dans les assemblées départementales et régionales, d’un long parcours parlementaire au cours duquel les préoccupations locales n’ont jamais été très loin.

Le nez dans l’assiette du voisin

Témoin, le sénateur (UMP) de la Meuse Claude Léonard, fort marri le 7 juin, de la censure – le 9 décembre – par le Conseil constitutionnel du nombre de 19 conseillers territoriaux dans son département. Le parlementaire s’en est pris au nouveau chiffre de 15 et à l’argumentaire démographique qui l’accompagne : « Je regrette que n’ait pas été pris en compte un critère de surface. Avec 26 % du territoire de la Lorraine, la Meuse n’élira que 11 % des conseillers territoriaux. » « La population de la Moselle était sous-représentée de 40 % par rapport à la Meuse » a riposté l’explosif sénateur (Divers droite) de la Moselle, Jean-Louis Masson. « Des départements à la population inférieure à la nôtre auront davantage de conseillers : le Lot, la Creuse et le Gers » a maintenu Claude Léonard. « La Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine ont sensiblement la même population ; le premier aura 39 conseillers, le second 41. Pourquoi ? » s’est alarmé Jean-François Voguet, sénateur (PCF) du Val-de-Marne.

Les citoyens toujours sur la touche

Souvent obsédés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée en septembre, les sénateurs se sont refusés à élargir la focale. Il ont, du coup, ressemblé à leur caricature. C’est-à-dire à des notables élus au second degré, incapables de développer une vision aussi panoramique que démocratique de la décentralisation, la palme revenant à Bernard Vera. Le sénateur (PCF) de l’Essonne est allé jusqu’à considérer que le Parlement n’avait pas à « légiférer sur le nombre de conseillers territoriaux » au motif que cela revenait « à empiéter sur les compétences des conseils généraux » !

Jean-Baptiste Forray

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