Quand Manuel Valls voulait supprimer le département

Dans son ouvrage de 2010, le futur ministre de l’Intérieur se faisait le chantre du big bang territorial.

« Réduire de 6 000 à 3 000 le nombre des élus de nos régions et de nos départements comme fusionner ces deux échelons sont deux propositions qui ne me choquent pas. Je suis favorable, à terme, à la suppression du département ». De qui émane ce plaidoyer ? De Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP ? De son lieutenant, Hervé Novelli, président de l’Association des élus régionaux de France (AERF) ? Que nenni ! Ces lignes sont signées Manuel Valls. Elles émanent de « Pouvoir », l’ouvrage publié en mars 2010 par le héraut de la « gauche moderne ».

Le Grand Paris comme laboratoire

Le futur ministre de l’Intérieur indiquait même la marche à suivre : « Nous pourrions avancer par expérimentation, en Ile-de-France par exemple. Les travaux du comité présidé par Edouard Balladur ne manquaient d’ailleurs par d’intérêt (création d’un Grand Paris, suppression des départements de la petite couronne). Je suis convaincu que le couple formé par la région et l’intercommunalité s’imposera progressivement. » Ce qui n’interdisait pas au député-maire (PS) d’Evry (Essonne) de s’opposer à la réforme des collectivités. Dans son viseur : le conseiller territorial, accélérateur à ses yeux du cumul des mandats, et son mode d’élection aligné sur le scrutin cantonal honni.

Selon son décret d’attribution du 24 mai 2012, Manuel Valls « a autorité, conjointement avec le ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, sur la direction générale des collectivités locales. »  Reprendra-t-il, à ce poste, ses thèses iconoclastes ? Il est permis d’en douter.

Jean-Baptiste Forray

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10 Commentaires

Classé dans Chronique

10 réponses à “Quand Manuel Valls voulait supprimer le département

  1. lagoutte

    peu importe qui le fera , mais ça se fera ! d’ailleurs il ne s »agit pas de le supprimer mais de le fusionner avec 8 REGIONS de taille européenne à l’heure
    de la communication mondiale à la vitesse de la lumière , les chevaux qui devaient pouvoir traverser le département dans la journée ont été supprimé depuis longtemps , le télétravail à domicile pas encore assez développé !
    le mille feuille à 7 couches entrecroisées doit être remplacé par un idéogramme
    de 3 types collectivités territoriales autonomes et solidaires nationales aux missions imposées :
    – L’ ETAT fort sur ses pouvoirs régaliens , de type bureau d’études dont les actuels personnels d’exécution seront mieux dans le privé !
    – 8 REGIONS fusionnées avec les départements !
    – 2500 COLLECTIVITES TERRITORIALES fusionnées avec les 36 500 communes !
    nb : il suffira que les élus exercent leur mandat sans perturber les services et que les fonctionnaires ne fassent plus de politique ! lol !

  2. ALIMAS1

    (09A555A01). AUJOURD’HUI, NOUS NE POUVONS PLUS IGNORER LA DETTE ABYSSALE DE L’ÉTAT, DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ET DE LEURS DÉFICITS RÉCURRENTS. L’État, les collectivités territoriales et Hospitalières sont engagé (es) dans une spirale de dépenses publiques sans précédent. Aujourd’hui, à peine née, un bébé a déjà plus de 25.000 € de dette publique sur le dos ! Ce n’est plus concevable de continuer comme ça ! Que faut-il attendre sous l’ère de la gauche, des travaux de la (RGPP) : Réforme Générale des Politiques Publiques. Quelle perception (sentiments), raisonnement (opinions) et jugement (décisions) attend-t-on aujourd’hui des personnes en charge d’étudier, proposer, projeter et réaliser les réformes ? Aujourd’hui, tous ensembles, nous avons à résoudre un problème essentiel pour l’avenir de nos enfants : La diminution progressive de la dette publique et l’éradication des déficits budgétaires de l’État, des collectivités territoriales et Hospitalière. Consommer toujours autant voire plus, ne peut que nous précipiter dans l’impasse économique et financière.

    (09A555A02). LA FRANCE CROULE SOUS LES ÉLUS :
    1). 577 députés.
    2). 343 sénateurs.
    3). 78 députés au parlement européens.
    4). 36.677 maires (DOM-TOM compris).
    5). 2.091 conseillers régionaux.
    6). 149 représentants des assemblées de la Nouvelle-Calédonie, de Polynésie et de Wallis et Futuna.
    7). 4.054 conseillers généraux.
    8). 163 conseillers de Paris.
    9). 558.000 élus pour 61,875 millions d’habitants : Un élu pour 111 habitants (taux quatre fois supérieur à celui des États-Unis).
    Deux fois plus de parlementaires que l’Allemagne ; huit fois plus que les États-Unis.

    (09A555A03). LES ÉLUS SONT TOUS PERSUADÉS QUE LA CROISSANCE NE PEUT PAS SE FAIRE AVEC, DANS LE MEME TEMPS, MOINS DE DÉPENSES. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans la lutte des places, plus ils dépensent et plus ils croient qu’ils seront réélus. L’intercommunalité n’a, en aucun cas, crée la rationalisation espérée : Chaque couche du millefeuille fait la même chose que les autres et toujours aux frais des contribuables … Pour exemple, rien que pour le tourisme, il y a le comité départemental du tourisme, l’agence régionale de tourisme, s’ajoutent le syndicat d’initiatives et l’office du tourisme … après les élections de 2008, les Conseils des intercommunalités ont multiplié les postes de vice-présidents rémunérés jusqu’a 2.700 € par mois pour un travail minime (moins d’une réunion par mois). Pour 100.000 élus qui poursuivent une carrière politique, cette carrière est devenue très rémunératrice. Peu d’entre eux pourraient gagner davantage dans le secteur privé.

    (09A555A04). SI L’ON NE RÉDUIT PAS LES DÉPENSES, IL VA FALLOIR AUGMENTER LES IMPÔTS. Je vous laisse apprécier comment, sous LOUIS XIV déjà, les politiques avaient tout compris : (Extrait du Diable rouge). Déjà à cette époque … Travailler plus pour gagner plus et garder … moins !
    Réflexions entre COLBERT et MAZARIN. C’est tellement vrai et tellement d’actualité … Il va falloir refaire 1789.
    COLBERT : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou …
    MAZARIN : Quand on est un simple mortel, bien sûr et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État … L’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
    COLBERT : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
    MAZARIN : On en crée d’autres.
    COLBERT : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
    MAZARIN : Oui, c’est impossible.
    COLBERT : Alors, les riches ?
    MAZARIN : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
    COLBERT : Alors, comment fait-on ?
    MAZARIN : COLBERT, tu raisonnes comme un fromage ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches … Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser … C’est un réservoir inépuisable.

  3. BS

    Les citoyens responsables qui connaissent le fonctionnement des collectivité territoriales savent que notre pays n’a plus les moyens de se payer le luxe d’autant d’élus (qui sont d’ailleurs inégalement utiles ou inutiles, honnêtes ou…) et d’une bureaucratie aussi peu performante. L’intérêt personnel a pris le pas sur l’intérêt collectif, y compris dans le service public, depuis maintenant trop longtemps. Est-il devenu utopique de penser que les choses pourront changer de façon réfléchie avant qu’il ne soit trop tard et que ce soit la situation d’arrivée qui impose des changements ? Je suis d’accord avec Mr Valls, un couple EPCI/Région serait plus adapté à notre situation économique et sociale.

  4. 8 régions artificielles donc… Encore du charcutage jacobin… Et les régions de coeur dans tout cela? La taille de la région n’est pas un argument valable, celle d’un attachement individuel et collectif oui. La suppression des départements n’a de sens que si les régions qui émergeront plus fortes seront les régions choisies par leurs habitants: Normandie réunifiée, Bretagne réunifiée, grande région val de Loire avec Anjou etc

    • Julien

      On parle d’efficacité là… la région de coeur peut rester dans des découpages qui ne seraient que touristiques.

      Le but de l’administration n’est pas d’être une administration « de coeur ».

      • Le Bihan

        parce que les pays de la louare c’est efficace? le seul moteur possible dans l’ouest c’est la Bretagne, seule région de consensus collectif et déjà porteuse de dynamiques. je ne fais pas confiance à des découpages technocratiques qui ne font que servir les intérêts de quelques politiciens en manque de crédibilité ‘locale’. dans tous les cas, ce sont aux citoyens de choisir quelle région est fédératrice pour eux

      • Julien

        @Le Bihan Je ne sais pas pourquoi mais je ne peux vous répondre directement. J’adresse donc ma réponse par ce biais.

        Déjà, une réponse qui contient « le seul moteur possible est…, je ne fais pas confiance à… » est par essence fermée et donc d’une pertinence limitée.
        Qui dit que les découpages ne seraient que technocratiques ? Qui dit qu’ils ne serviraient qu’aux intérêts de « quelques politiciens en manque de crédibilité » ?

        On parle d’une réforme nationale pour une meilleure efficacité des collectivités, vous répondez par votre point de vue, basé sur la peur et le soupçon.

  5. DELOLME

    Si l’on veut reduire le déficit de la FRANCE, il faut aller plus loin dans la réforme des collectivités locales, il faut regrouper les 36 000 communes afin de créer une synergie territoriale autour d’un développement économique local. Les communes de moins de 500 habitants n’ont plus la taille critique pour résister à la mondialisation, elles doivent être regroupées autour de la commune chef lieu de canton qui doit devenir une commune nouvelle.Les personnels communaux, les moyens tecniques, les plans de développements doivent être optimisés par une vision globale partagée.

  6. 4000 communes et environ 15 regions (y compris l’outre-mer) seraient largement suffisants pour un pays de 65 millions d’habitants. Le département n’est qu’un héritage jacobin lie aux performences des moyens de transports et de communications du 18eme siecle.

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