Raffarin fait entendre sa petite musique

Lors du colloque « Trente ans de décentralisation et après », organisé le mardi 23 octobre au Sénat par Le Courrier des Maires et La Gazette des Communes, l’ancien Premier ministre a mis en garde contre les discours sur la simplification territoriale.

Sourd aux appels des ténors de l’UMP en faveur de la fusion département-région, Jean-Pierre Raffarin s’est, le 23 octobre, fait le chantre du réalisme. « Ne croyons pas à la simplification maximum. Nos démocraties sont par nature complexes. Il n’y a que les dictatures qui sont simples » a jugé le sénateur (UMP) de la Vienne lors du colloque organisé au Sénat par Le Courrier des Maires et La Gazette des Communes.

Soutien aux régions sur la BPI

Prenant acte de la mort annoncée du conseiller territorial, « cet enzyme unificateur », l’ex-Premier ministre a plaidé pour « des grandes régions ». Et Jean-Pierre Raffarin d’évoquer le cas de… Poitou-Charentes. A ses yeux, la région – dont il fut le président de 1988 à 2002 – n’atteint pas la taille critique. « Le budget du département de la Charente-Maritime est plus fort que celui de Poitou-Charentes » a-t-il relevé, plaidant pour une fusion avec l’Aquitaine et le Limousin. Objectif : tourner le dos au « cantonalisme » qui, selon lui, rode toujours dans certains conseil régionaux.

Le père de la « République décentralisée » (NDLR : inscrite dans la Constitution depuis mars 2003), s’en est pris aux « pesanteurs jacobines ». « La Banque publique d’investissement sera sous l’autorité de la Caisse des Dépôts et Consignations. Les présidents de région dont je soutiens le combat, ne seront que dans un comité d’engagement partiel. Ce n’est, hélas, pas du tout ce qu’ils imaginaient au départ. »

Plaidoyer pour les chambres régionales des comptes

Jean-Pierre Raffarin a insisté dans le même temps sur « l’autorité des préfets face aux collectivités. » « On a laissé les procédures et les normes décider à la place des hommes et des préfets », a-t-il déploré au moment d’évoquer la réforme de l’Etat. « Les vrais girondins sont pour le contrôle des chambres régionales des comptes » a-t-il martelé, prônant une relance « des outils de moyen terme, comme les contrats de projet Etat-région et la DATAR »

Jean-Baptiste Forray

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3 Commentaires

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3 réponses à “Raffarin fait entendre sa petite musique

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  2. Raffarin aura surtout été le chantre de la complexification territoriale en confiant la gestion des TOS des collèges aux départements et celle des TOS des lycées à la Région : incomprénsible !
    En fait il s’agissait avant tout d’un transfert de charges vers les collectivités et il fallait diluer…
    En conclusion, je ne pense pas que M. Raffarin soit une référence sur le dossier de la décentralisation

  3. ben

    Le Limousin fait donc indéniablement partie du grand sud-ouest aquitain comme le Poitou, l’Angoumois ou le Périgord… Rapprocher Auvergne et Limousin, comme certains l’avancent, n’aurait pas grand sens. Les deux régions, même si elles appartiennent toutes deux au même massif montagneux, n’ont pas beaucoup d’intérêts en commun. Le Limousin a de tout temps été tourné vers l’ouest, le sud-ouest et le nord-ouest, certainement pas vers l’est. Ce caractère est tout à fait naturel puisque c’est vers ces territoires que se dirigent les nombreux cours d’eau qui prennent leur source en Limousin. C’est donc logiquement avec ces territoires de l’ouest et du sud-ouest que le Limousin échange le plus comme il l’a toujours fait.
    Par ailleurs, mettre dans un même panier Auvergne et Limousin, ne serait qu’additionner des handicaps et surtout mettre face à face (ou dos à dos ?) deux villes d’importance et d’ambition comparables (Limoges et Clermont-Ferrand) qui ne feront que s’opposer.
    Alors, si l’on doit vraiment restructurer les régions françaises, pourquoi ne pas être ambitieux et cohérent, et imaginer une inter région « Grande Aquitaine » regroupant Aquitaine, Poitou-Charente et Limousin avec Bordeaux comme métropole et une série de villes importantes pour équilibrer le territoire (Angoulême, Poitiers, Limoges, La Rochelle, Bayonne…)? Cet espace serait beaucoup plus logique du point de vue géographique, économique, culturel et historique ; il représenterait un véritable poids économique en groupant des régions aux atouts complémentaires, tout en conservant des relations importantes et naturelles avec le sud (Toulouse) ou le nord (bassin parisien) et plus loin vers l’Espagne et les îles britanniques.
    Une telle structure serait à même de construire un réseau de villes efficient, de parfaire les réseaux de communication existants ou en projets (trains, routes…) et de renforcer les coopérations déjà réelles entre les différentes universités ou pôles de compétence.

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